Informations

Les enseignants : panorama, carrières et représentations du métier

(novembre 2020)

Sont regroupées dans un volume de la revue Éducation & formations des études variées, différentes par leurs approches, quantitatives et qualitatives, données nationales et internationales, données statistiques ou entretiens.
" Nous disposions de synthèses de rapports de chercheurs autour d’un appel à contribution lancé par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale (DEPP) en 2015. Ces analyses ont été complétées par des études plus récentes de chercheurs de la DEPP qui permettent ainsi de dresser une photographie inédite des enseignants du début du XXIe siècle.
Le numéro se conclut par un article hors thème concernant les parcours des élèves du panel de 1995 et celui de 2007.
Ce numéro, en dressant en 2020 un portrait des enseignants, leur est aussi dédié et se veut un hommage à tous ceux qui ont assuré un lien pédagogique avec leurs élèves pendant cette période sans précédent."  (...)
https://www.education.gouv.fr/les-enseignants-panorama-carrieres-et-representations-du-metier-education-formations-ndeg-101-306501


France 4 a décidé de rediffuser des leçons NSI tournées en mai-juin dernier pour la première et de diffuser de nouvelles leçons pour la terminale tournées au mois d’octobre :
Programme :
- Jeudi 19 novembre de 14h30 à 15h : Notion de listes en informatique et application aux images numériques (première)
- Vendredi 20 novembre de 15h30 à 16h : Qu’est-ce qu’une base de données relationnelle ? (terminale)
- Jeudi 26 novembre de 14h30 à 15h : Les dictionnaires en Python (première)
- Vendredi 27 novembre de 15h30 à 16h : Interrogation d’une base de données relationnelle (terminale)
- Jeudi 3 décembre de 14h30 à 15h : Les algorithmes de tri (première)
- Vendredi 4 décembre de 15h30 à 16h : Arbres Binaires de Recherche (terminale)
- Jeudi 10 décembre de 14h30 à 15h : Notions de web et d’interface homme-machine (première)
- Vendredi 11 décembre de 15h30 à 16h : Une introduction à la récursivité (terminale)

Le programme est composé des parties et sous-parties suivantes. Les sujets du baccalauréat garantiront que les élèves pourront choisir 3 exercices en évitant les parties en gras s’ils le souhaitent, et en se concentrant sur les « entrées prépondérantes » du programme.

1. Histoire de l’informatique
- Événements clés de l’histoire de l’informatique.

2. Structures de données
- Structures de données, interface et implémentation.
- Vocabulaire de la programmation objet : classes, attributs, méthodes, objets.
- Listes, piles, files : structures linéaires. Dictionnaires, index et clé.
- Arbres : structures hiérarchiques. Arbres binaires : noeuds, racines, feuilles, sous-arbres gauches, sous-arbres droits.
- Graphes : structures relationnelles. Sommets, arcs, arêtes, graphes orientés ou non orientés.

3. Bases de données
- Modèle relationnel : relation, attribut, domaine, clef primaire, clef étrangère, schéma relationnel.
- Base de données relationnelle.
- Système de gestion de bases de données relationnelles.
- Langage SQL : requêtes d’interrogation et de mise à jour d’une base de données.

4. Architectures matérielles, systèmes d’exploitation et réseaux
- Composants intégrés d’un système sur puce.
- Gestion des processus et des ressources par un système d’exploitation.
- Protocoles de routage (les liens avec les graphes ne sont plus dans le programme limitatif).
- Sécurisation des communications.

5. Langages et programmation
- Notion de programme en tant que donnée. Calculabilité, décidabilité.
- Récursivité.
- Modularité.
- Paradigmes de programmation.
- Mise au point des programmes. Gestion des bugs.

6. Algorithmique
- Algorithmes sur les arbres binaires et sur les arbres binaires de recherche.
- Algorithmes sur les graphes.
- Méthode « diviser pour régner ».
- Programmation dynamique.
- Recherche textuelle.


Document diffusé par les IA-IPR en charge de NSI dans les académies.

Contribution EPI n°4 aux États généraux du numérique

Nous savons tous que la construction des savoirs par chaque élève est hautement favorisée par ses relations avec les autres, la dynamique de la classe. Travailler ensemble est efficace et permet de s'enrichir les uns des autres. La dimension affective joue un rôle important dans l'éducation. Aussi, l'École des connaissances et des relations humaines, avec un usage raisonné du numérique. suppose davantage de moyens humains et matériels. L'éducation est un investissement essentiel pour l'avenir du pays. Il faut en finir avec cette obsession de faire des économies. Ceci étant dit, le SARS-CoV-2 nous impose le confinement plus ou moins généralisé. Or, de l'avis général, le confinement provoque une aggravation des inégalités scolaires, inégalités qui sont sociales. Des enfants ne disposent pas de matériel informatique à la maison ; de grandes disparités existent dans le domaine de l'aide scolaire parentale aux enfants ; la disponibilité des parents a ses limites de par leur travail ; l'exiguïté d'une partie des logements est réelle ... Les pouvoirs publics se doivent de compenser au mieux ces lourds handicaps. Par ailleurs, les problèmes techniques rencontrés sur le terrain par les enseignants ne manquent pas : difficultés pour se connecter, outils informatiques non adaptés... Où sont la logistique et les moyens matériels et humains nécessaires aux plans national et académique ? Les enseignants fabriquent des ressources pédagogiques et utilisent les ressources existantes. Mais quid de la façon de les mettre en œuvre ? Un document de l'OCDE indique que la réponse apportée par les pays de l'OCDE à la fermeture des écoles est assez similaire à ce qu'on observe en France, mais la France est parmi les pays les moins avancés en raison « d'un manque de formation ». Toujours le problème récurrent de l’insuffisante formation informatique et numérique des enseignants !

(Contribution EPI aux États généraux du numérique, 06-10-2020)

« Il est de la responsabilité du Ministère de l'Éducation nationale de prévoir que la formation des enseignants ne leur fasse pas courir le risque d'être largement dépassés, dans le domaine de l'informatique, par leurs élèves ou leurs étudiants. » déclarait l'Assemblée Générale de l'EPI en 1990, en préambule d'un texte sur la formation des enseignants.

Cette déclaration faisait suite à d'autres textes qui s'inspiraient des conclusions du Séminaire international de Sèvres de mars 1970. « Cette formation des enseignants à l’informatique devrait s’effectuer à plusieurs niveaux : (i) formation des enseignants qui auront pour tâche d’introduire cet enseignement de l’informatique, (ii) formation plus spécialisée et plus différenciée pour les enseignants qui auront à développer cet enseignement dans l’enseignement technique, en particulier l’enseignement économique, (iii) formation générale pour les enseignants de toutes les disciplines. qui peuvent être intéressés par l’informatique. » (« 1024 » Bulletin n°11 de la Société informatique de France)

Ainsi, il y a un demi-siècle, les participants à ce séminaire avaient bien vu la triple approche de l’informatique et la nécessité de former les enseignant.e.s à la discipline informatique et à l’utilisation de l’outil informatique dans toutes les disciplines.

Il s’en suivit, en France, la création de formations continues en informatique dites « lourdes » qui furent supprimées au bout de quelques années. Nous sommes obligés de dire que, au cours des décennies qui ont suivi, jamais les formations initiales et continues en informatique (puis au numérique) des enseignant.e.s ne furent traitées par l’institution à la hauteur des besoins du pays.

Cela reste encore vrai au moment où le problème prend une autre dimension avec le « distanciel » imposé par le Sars-CoV-2 !

https://etats-generaux-du-numerique.education.gouv.fr/processes/enseigner-apprendre-avec-le-numerique/f/17/proposals/671

Éducation : « La fracture numérique a fait de redoutables dégâts »

lanouvellerepublique.fr – Interview d’Emmanuel Davidenkoff

Publiée le 3-10-2020

(extrait)

Emmanuel Davidenkoff est spécialiste de l’éducation, essayiste, chroniqueur radio et directeur adjoint de la rédaction du Monde.

(…) «  Naïvement, je pensais alors que les pays qui en ont les moyens – parmi lesquels le nôtre – allaient prendre la mesure des bouleversements qu’amène le développement du numérique pour former massivement les enseignants. L’enjeu est double. Il renvoie d’abord aux contenus enseignés. Dès lors que l’automatisation progresse dans tous les domaines, que des algorithmes se substituent à des humains pour réaliser des tâches de plus en plus complexes – avec les menaces que cela fait porter sur certains métiers –, qu’enseigner aux enfants ? Comment leur transmettre les savoirs et les compétences qui leur permettront d’être maîtres et non esclaves du numérique ? Le second enjeu touche à l’enseignement lui-même. Les outils numériques permettent, dans de nombreux domaines, d’offrir une expérience pédagogique augmentée. Encore faut-il que les enseignants les connaissent, en mesurent les bénéfices mais aussi les limites, qu’ils éprouvent en quoi ces outils peuvent (ou pas) les aider. Cela exige un effort de formation qui n’a pas été accompli, loin s’en faut. (...)

« L’avenir, en matière d’éducation, passe avant tout par les enseignants ; pardon pour cette banalité. La crise que nous vivons depuis six mois permettra-t-elle d’initier un vaste mouvement de réflexion sur la pédagogie, sur les besoins des honnêtes hommes et femmes du XXIe siècle, sur les conditions dans lesquelles l’école peut contribuer à former des citoyens libres et éclairés, étanches aux fake news ? Je ne puis que l’espérer car c’est un impératif. »

https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/education-la-fracture-numerique-a-fait-de-redoutables-degats

De par les statuts éducatifs distincts de l'informatique et du numérique existent des besoins de formation nécessairement diversifiés des enseignants. L'informatique s'immisce dans les objets, les méthodes et les outils des savoirs constitués, transformant leur « essence » ; leur enseignement doit évidemment en tenir compte. L'informatique (re)devient une discipline scolaire de l'enseignement général. Les outils numériques, transversaux et spécifiques, enrichissent la panoplie des instruments pédagogiques de l'enseignant avec la question essentielle de leur bonne insertion dans les démarches et scénarios d'apprentissage. L'ordinateur et les réseaux sont également outils de travail personnel et collectif des enseignants, des élèves et de la communauté éducative.

Et l'on sait, depuis un demi siècle, qu'il existe une complémentarité entre l'informatique « objet » d'enseignement et l'informatique « outil » pour enseigner, deux approches qui se renforcent mutuellement.

On peut distinguer les profils de formation suivants :

  • les enseignants d'une discipline donnée, d'une manière spécifique pour chaque discipline ;
  • les professeurs de la discipline scientifique et technique informatique ;
  • l'ensemble des enseignants pour qui il doit s'agir d'une formation à l'exercice de leur métier ; avec deux niveaux de formation : pour les enseignants et pour les formateurs.

Les difficultés rencontrées pour assurer la « continuité pédagogique » lors des périodes de confinement partiel ou général résultent en partie de l’insuffisante formation informatique et numérique des enseignant.e.s depuis des décennies. Faute d’anticipation, il faut maintenant y remédier dans l’urgence.

La certification Pix sera proposée aux enseignants, comme pour tout citoyen. Mais où et quand les connaissances et compétences sont-elles acquises ?

(contribution EPI aux Etats généraux du numérique - 02-10-2020)

https://etats-generaux-du-numerique.education.gouv.fr/processes/enseigner-apprendre-avec-le-numerique/f/17/proposals/656

Dans une société où le numérique est omniprésent il faut un enseignement de la science et technique informatique

Le numérique étant la numérisation de l'information et l'informatique la science de la représentation et du traitement de l'information numérisée, il est difficile d’imaginer que l'on puisse assumer les transformations induites par l'informatique et le numérique sans que l'ensemble de la population ait une culture générale en informatique. Pour la vie de tous les jours, la vie professionnelle et l'exercice de la citoyenneté.

La société évoluant, la culture générale scolaire doit évoluer elle aussi avec le temps. On sait le caractère incontournable d'une bonne formation initiale fondamentale qui conditionne les adaptations futures à une société qui bouge.

L'informatique est au cœur des activités numériques essentielles pour le pays. Elle sous-tend le numérique comme la biologie sous-tend l'étude du vivant et les sciences physiques l'industrie de l'énergie. Son impact sociétal et économique explose au XXIe siècle.

Ajoutons que la programmation - qui est une partie importante de l’informatique - est un excellent outil pédagogique au service des disciplines, des enseignants et des élèves. Elle favorise l'activité intellectuelle.

Utilisation du numérique et enseignement de la science et technologie informatique sont complémentaires.

Association Enseignement Public et Informatique (EPI)
Association loi 1901, fondée en 1971

(contribution EPI aux Etats généraux du numérique - 26-09-2020)

ins2i.cnrs.fr  -  22 septembre 2020  -  (extrait)

Isabelle Guérin-Lassous est présidente du jury du nouveau CAPES Numérique et Sciences Informatiques (NSI) qui a auditionné les futurs professeurs qui enseigneront dès cette rentrée les sciences du numérique comme option au lycée en classes de première et terminale. Elle revient sur la mise en place de cette première édition du concours.

" L’informatique est donc incontournable et pourtant… Peu de gens ont une idée, même assez générale, de ce qui se passe derrière ces outils informatiques. Les métiers de l’informatique sont constamment en tension et en recherche de profils compétents depuis de nombreuses années. (...)

" Le concours du CAPES NSI en 2020 est une cuvée spéciale. C’est certes le premier concours, mais le calendrier du concours a été fortement chamboulé par la crise sanitaire actuelle, comme beaucoup de concours de recrutement. Dans ce contexte, les épreuves orales ont été annulées et les épreuves écrites, qui sont devenues les épreuves d’admission, ont eu lieu fin juin. Ce n’est évidemment pas une configuration idéale pour effectuer un premier recrutement, mais l’important est que le concours ait été maintenu et qu’il permette de recruter les premiers enseignants disposant du CAPES NSI pour la rentrée 2020. Le concours de cette année va d’ailleurs être hautement sélectif, tout particulièrement pour l’enseignement public avec 30 postes mis au concours pour le CAPES externe et un peu plus de 300 candidats présents aux épreuves et 7 postes ouverts pour le 3e concours et presque 150 candidats présents aux épreuves.

Le nombre de postes mis au concours en 2020 est certes modeste mais il est normal de prendre la température au lancement d’une nouvelle discipline, notamment sur le nombre d’élèves prenant la spécialité NSI en première, puis en terminale, mais aussi sur le vivier de candidats prêts à présenter le concours du CAPES NSI, ou sur le nombre de préparations au CAPES proposées dans les universités et le nombre d’étudiants inscrits à ces préparations. Mais il est fort probable que le nombre d’enseignants aptes à enseigner l’informatique au lycée devra être significativement augmenté dans le futur. Avoir des enseignants compétents et motivés sur tout le territoire est une étape incontournable pour l’essor de l’enseignement de l’informatique au lycée, car ne l’oublions pas, au-delà de la culture générale, le France a besoin de plus de jeunes qui se tournent vers les formations en informatique, et plus leur expérience sera bonne au lycée, plus ils seront enclins à poursuivre vers ces formations ! "

Isabelle Guérin-Lassous. Professeur à l'Université Claude Bernard Lyon 1, membre du LIP
https://ins2i.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/enfin-un-capes-en-informatique