Groupe ITIC EPI SIF

Agrégation d’informatique et Capes NSI 2022 : où sont les postes ?

(09-12-2021)

La SIF se réjouit de l'annonce du premier concours de l'agrégation d'informatique pour 2022 ; elle exprime néanmoins son étonnement face au nombre annoncé de 20 postes d’enseignant·e·s au premier concours de l’agrégation d’informatique pour 2022. En effet, les besoins en enseignants en informatique dans le second degré sont importants et vont croissant : 26 classes préparatoires MP2I ouvrent en 2021 et autant de classes préparatoires MPI ouvriront en 2022. De plus la spécialité NSI devrait être proposée dans la majorité des lycées d’enseignement général et de nombreux enseignants en informatique, en plus de ceux formés au DIU-EIL (Enseigner l'Informatique au Lycée) doivent être recrutés. L’enseignement de l’informatique au lycée est devenu incontournable pour répondre aux besoins criants des entreprises concernant les métiers de l’informatique. L’industrie du numérique est d’autant plus en déficit chronique de candidats que très peu de femmes se destinent à ce domaine pourtant au cœur de la société du XXIe siècle. Néanmoins 0,7% seulement des postes mis au concours de l’agrégation (20 sur 2620) concernent l’informatique. Cette réponse institutionnelle nous semble sans rapport avec les besoins avérés de la société en informatique.

Notre étonnement pour l’agrégation se mue en incompréhension au regard du nombre de postes publiés pour le CAPES NSI. Il était de 30 en 2020, 60 en 2021, ce qui laissait augurer d’une croissance raisonnable. Mais en 2022, ce nombre retombe à 50 ! Cette tendance va à rebours des besoins dans les lycées, que l’on peut estimer à 2500 postes environ. Le DIU-EIL fut un palliatif ponctuel bienvenu, mais ne saurait tenir lieu à moyen terme de substitut à un CAPES né il y a deux ans seulement. La spécialité NSI a été créée avec, nous semblait-il, une vraie volonté d’adapter le lycée au monde actuel. Les nombres de postes au CAPES et l’agrégation ne traduisent nullement cette volonté supposée dans les faits. Appelons de nos vœux qu’il en sera autrement en 2023.

https://www.societe-informatique-de-france.fr/2021/12/agreg-dinformatique-et-capes-nsi-2022-ou-sont-les-postes/

EXTRAIT
« La spécialité « Numérique et sciences informatiques (NSI) » est assurée à 51 % par des enseignants de mathématiques, à 20 % par des enseignants de technologie, à 17 % par des enseignants de physique-chimie et 7 % par des enseignants de la nouvelle discipline « Numérique et sciences informatiques ». [autres 4,6]

« Sciences numériques et technologie » (SNT). Cet enseignement est, lui aussi, assuré principalement par des enseignants de mathématiques (44 %) et de technologie (26%)

De même, l’enseignement scientifique a intégré le tronc commun en première et terminale G et est essentiellement assuré par des enseignants de physique-chimie et de SVT (souvent à raison d’une heure par le professeur de chacune de ces deux disciplines, pour deux heures hebdomadaires d’enseignement scientifique).

Plus d’hommes que de femmes assurant des enseignements informatiques
… en seconde, seules 31 % des heures données en SNT sont assurées par des femmes  (contre 44 % en mathématiques). En terminale, elles sont 20 % dans la spécialité NSI (alors que cette part est de 43 % dans la spécialité mathématiques). En terminale, le nombre d’heures de la spécialité NSI assurées par des femmes, toutes disciplines confondues, n’est que de 15 % »

https://www.education.gouv.fr/les-effets-des-choix-des-eleves-en-lycee-general-et-technologique-sur-les-services-des-enseignants-326200

[cf. les effectifs des spécialités dans EpiNet n°239 (rubrique Documents)]


Situation préoccupante de l’enseignement en Informatique dans l’Enseignement Supérieur Français

Motion votée par le CA de Specif Campus le 22 avril 2021.

« Le numérique guide désormais le monde : notre existence est de plus en plus liée à l’utilisation de logiciels, qui sont là pour faciliter notre quotidien, voire sauver des vies. Cependant, certains usages—plus malveillants—peuvent aussi viser à nous surveiller, nous catégoriser, prédire nos comportements, nous influencer…

La France a plus que jamais besoin d’informaticiens qualifiés pour maîtriser son avenir numérique ! » (…)

De plus, l’année 2021 est —à de nombreux égards— symbolique pour la discipline Informatique. Il s’agit tout d’abord de la première année d’inscription de lycéens ayant suivi une formation en Informatique au lycée. La création de l’option Informatique au lycée (Numérique et Sciences Informatiques) est le résultat d’un long processus, dans lequel la Société Informatique de France (SIF) a eu un rôle moteur ; son existence parmi les douze options possibles dans le nouveau bac est une marque indéniable de légitimité de la discipline Informatique dans notre société et de son intérêt pour l’éducation des prochaines générations. Cette année marque aussi  la création de l’agrégation d’Informatique qui, faisant suite à la création du CAPES d’Informatique il y a 2 ans, acte indéniablement la reconnaissance de l’Informatique comme une discipline fondamentale.

Dans ce contexte de priorité nationale, il est absolument incompréhensible que des politiques de non-reconduction de postes contribuent à fragiliser l’offre de formation en Informatique au sein de nos universités publiques, limitant délibérément l’accès à ces compétences d’avenir pour le plus grand nombre. » (...)

NDLR-EPI : nous nous permettons de rajouter « le rôle moteur » de l’EPI !

Epi : 50 ans déjà !

L’Association Epi (enseignement public et informatique) fête cette année ses 50 ans.

A cette occasion la revue EpiNET sort un numéro spécial recueil de témoignages plus intéressants les uns que les autres racontant les campagnes « militantes », les déploiements chaotiques, les victoires, la persévérance, toujours, des membres de l’association … pour développer, intégrer et maintenir l’informatique comme instrument pédagogique et objet d’enseignement.

Si Pixees ne devait en retenir qu’un pour vous donner envie de lire les autres ? Peut-être serait-ce celui de Monique Grandbastien : une pionnière qui raconte comment sa carrière est intimement liée à l’enseignement de l’informatique.

=> Enseignement de l’informatique et informatique dans l’enseignement : 50 ans déjà

Rappel : l’EPI crée en 1971 veut faire de l’informatique, et des technologies de l’information et de la communication en général, un facteur de progrès et un instrument de démocratisation.

50 ans le bel âge. Celui de l’association “Enseignement Public et Informatique” qui accompagne le développement de l’informatique au collège et au lycée, en France, depuis… 50 ans.

Ils ont été de tous les combats. Ceux de l’introduction de l’informatique en 1970. Puis des tergiversations ministérielles : on en fait, on n’en fait pas. Et enfin le retour en force de la discipline, depuis 8 ans.

Les compagnons de route ont répondu présents et participé au numéro spécial publié aujourd’hui : Revue électronique de l’EPI n° 232

On y lira avec plaisir un article de Claude Pair, qui a piloté l’arrivée de l’informatique en 1970, une analyse historique de Gilles Dowek. Monique Grandbastien retrace également cette période.

Sur un ton peut-être un peu plus relâché, Serge Abiteboul et Gilles Dowek nous invitent à nous disputer à cause de l’informatique.

Et enfin, il y a même un article pour démontrer que la France est Championne d’Europe !

Ah… Pourquoi sur le blog ? Parce que le développement voulu par l’EPI de l’informatique devait se faire dans un cadre ouvert ! Mais aussi parce que nos efforts aujourd’hui pour l’enseignement de l’IA n’auraient pas de sens sans le travail de nos amis de l’EPI : Jacques Baudé et Jean-Pierre Archambault et toutes celles et tous ceux qui ont su se bagarrer depuis 1971.

Bonne lecture, et joyeux anniversaire.

https://chaireunescorel.ls2n.fr/2021/02/17/les-50-ans-de-lepi/

Éducation et la diversité de l’informatique à l’école

Télétravail,  visioconférence, école à la maison, et  classes virtuelles pendant le confinement.  Nous avons tous eu besoin de faire appel aux outils numériques, avons-nous eu la culture nécessaire pour affronter la situation? Quelle est la mission de l’école par rapport à l’informatique dans le monde d’aujourd’hui ?

Jean-Pierre Archambault,  président de l’association Enseignement Public et Informatique (EPI), nous parle - dans un texte extrait de la revue Terminal - de l’informatique à l’école, son importance, les différents approches pédagogiques et son histoire en France. Tamara Rezk

NDLR-EPI : On ne présente plus Binaire qui est un blog de vulgarisation sur l’informatique, indépendant, tenu par des académiques, qui parle aussi bien de la technologie que de la science, d’enseignement, de questions industrielles, d’algorithmes rigolos, d’algorithmes pas rigolos, de gentilles data, de méchants bugs, bref, de tous les sujets en lien avec le monde numérique qui nous entoure. Binaire a été créé en janvier 2014 à l’initiative de Serge Abiteboul et de plusieurs collègues de la Société Informatique de France. Son comité éditorial : https://www.lemonde.fr/blog/binaire/a-propos/

(site en construction)

Projet Erasmus+ qui vise à aider les enseignant·e·s qui enseignent l’informatique, au sens large, partagé avec Class´Code. Pour échanger avec des collègues suisses, belges, français, grecs et d’ailleurs encore!

Partager les bonnes idées, les ressources, les questions!
Nous, dans le projet CAI, sommes justement en train d’en monter une, pour vous.
Nous avons besoin de vous ! Pour mieux vous connaître, pour pouvoir vous aider, vous nous aideriez grandement en répondant à notre questionnaire en ligne: https://fr.surveymonkey.com/r/CAI_Enseignants.

Ou si vous voulez juste être tenu·e·s au courant de la suite de ce projet sans répondre au questionnaire, laissez-nous votre nom ici: https://cai.inria.fr/comment-participer-a-cai/

Merci d’avance de la part de l’équipe CAI:
Thierry Massart — Université Libre de Bruxelles
Kim Mens et Olivier Goletti — Université catholique de Louvain
Sébastien Hoarau — Université de la Réunion
Vassilis Komis et Gabriel Parriaux — Université de Patras
Patricia Corieri, Jennifer Christophe et Leïla Meziane — La Scientothèque
Margarida Romero, Maryna Rafalska et Thierry Vieville — Université Côte d'Azur

[communiqué par Kim Mens, Université de Louvain]

ENS-Cachan le 16 octobre 2019

La 31ème réunion du groupe ITIC-EPI-SIF a été consacrée à la rentrée 2019 dans les lycées, du point de vue de ses aspects informatiques dans le cadre de la réforme du lycée, et a été suivie de la première session du séminaire franco-argentin sur l'enseignement de l'informatique.

La rentrée 2019 a donc vu les créations de l'enseignement de spécialité NSI en première et de SNT pour tous les élèves de seconde. Sur près de 300 000 élèves de première,  8,1 % se sont inscrits à NSI et la combinaison Maths-NSI-PC aurait été choisie par 3,9 % des élèves de première.

Les actions menées en particulier par l'EPI, la SIF et le groupe ITIC, depuis de longues années, ont porté leurs fruits. Rappelons aussi la création en 2012 d'ISN, enseignement optionnel en terminale S. La « cause » d'un enseignement d'une discipline informatique pour tous les élèves avance, même si son cheminement est quelque peu chaotique depuis des décennies. Mais les faits sont têtus, à notre époque, l'informatique doit être une composante de la culture générale de tous et la mission fondamentale de l'enseignement scolaire est de donner à tous les élèves la culture générale de leur temps.

Il faut donc réussir ces créations mais des obstacles subsistent, au premier rang desquels figure la formation des enseignants. L'évidence selon laquelle pour enseigner la discipline informatique il faut des professeurs d'informatique spécialistes n'est pas (encore) la chose au monde la mieux partagée. Certes, un Capes NSI a enfin été créé. On parle de plusieurs dizaines de postes pour la première promotion de 2020. C'est loin de correspondre aux besoins. Et à quand une agrégation d'informatique ? Le vivier des professeurs d'ISN permet de mettre en œuvre NSI, mais pas dans tous les lycées. Des DIU d'informatique (diplômes inter-universitaires) se sont mis en place à leur intention dans toutes les académies. Mais quels enseignants pour SNT ? Des formations de deux, trois jours ne sauraient suffire (notamment pour ceux qui découvrent la discipline !). Il arrive que SNT serve de variable d'ajustement pour compléter un emploi du temps ou éviter un service sur plusieurs établissements (point de vue légitime pour des professeurs dont le maxima de service pourrait permettre des dédoublements dans leur discipline et dans leur lycée).

Par ailleurs les programmes sont (un peu trop) ambitieux (1).

Autres obstacles, du côté de la réforme du lycée, sa « philosophie » et sa mise en œuvre « délicate » (2). Ainsi le passage de trois à deux spécialités en terminale risque-t-il d'être source de problème pour NSI.

Le syndicat des inspecteurs d'académie s'est récemment adressé au Président de la République et au Ministre de l'Éducation nationale : « Aujourd'hui, nous attirons votre attention sur les risques que font courir au système français d'éducation des réformes hâtives aux orientations libérales, sans autres visées qu'à court terme. Elles légitiment un système éducatif à plusieurs vitesses ; la précarité des agents et la privatisation de la formation seraient la clef de la réussite de nos élèves ; le rythme effréné des réformes serait le gage de l'efficacité du système. Tout cela est actuellement mené sans considération de la réalité du terrain, des élèves et de leurs parents, trop souvent désemparés, et de celle des professeurs qui peinent à les mettre en œuvre à marche forcée ». Les chefs d'établissement du privé, invités au Sénat le 8 octobre, s'inquiètent des retombées de la réforme du lycée. Vivien Joby, président du Snceel, le principal syndicat de chefs d'établissement du privé sous contrat, a déclaré : « La réforme est faite pour économiser des moyens » (3).

D'une manière générale, les sciences sont maltraitées dans la réforme, ce qui est paradoxal dans la société d'aujourd'hui. Dans le tronc commun en première, 16h, il y a 12h de matières littéraires et de sciences humaines, 2h d'EPS et... 2h d'enseignement scientifique, les mathématiques ayant quasiment disparu. Grave... (4)

Concernant le contrôle continu du nouveau bac, le Snes-FSU dénonce « un niveau inédit d'impréparation » et demande la suppression de la session de janvier (5). Et il y a ces emplois du temps trop chargés et/ou peu pratiques pour les élèves, et éclatés pour les professeurs, de fait la difficulté d'accès à certaines spécialités, la mise à mal de la structure classe dont on sait l'importance pour la vie des élèves,  les inquiétudes qui pèsent sur le conseil de classe (comment faire un conseil de classe à 35 professeurs ?). Et et …

L'informatique est omniprésente dans les entreprises et la société. Mais la France manque d'ingénieurs informatiques. La Direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques (Dares) estime à 80 000 le nombre de postes vacants. « Nous sommes surtout confrontés à une pénurie de talents et de compétences » résume Neila Hamadache, déléguée à l'emploi et la formation à la Fédération Syntec (3).

En conclusion des échanges sur toutes ces questions, le groupe ITIC-EPI-SIF a pensé qu'une reprise de contact avec les fédérations de parents d 'élèves et les syndicats d'enseignants est à l'ordre du jour : en effet, la poursuite et le développement de l'action de tous, aux plans local et national, s'impose.

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La première session du séminaire franco-argentin sur l'enseignement de l'informatique, à l'initiative de Fernando Schapachnik et Gilles Dowek, a eu lieu. Nos amis argentins ont présenté plusieurs travaux de didactique de l'enseignement de l'informatique. La partie française, quant à elle, a informé sur les créations d'enseignement de l'informatique intervenues depuis 2012, suite aux nombreuses et persévérantes actions de l'EPI, la SIF et de personnalités (voir notamment le rapport de l'Académie des Sciences de 2013 "L'enseignement de l'informatique en France - Il est urgent de ne plus attendre")  (6).

Jean-Pierre Archambault

23-10-2019

(1) https://www.epi.asso.fr/revue/articles/a1909a.htm

(2) https://www.epi.asso.fr/revue/articles/a1905a.htm

(3) https://www.epi.asso.fr/revue/articles/a1910a.htm

(4) https://afdm.apmep.fr/rubriques/opinions/des-pistes-pour-sortir-de-la-crise-de-lenseignement-des-sciences/

(5) https://www.francetvinfo.fr/societe/education/reforme-du-bac/epreuves-communes-de-controle-continu-au-bac-2020-le-snes-fsu-denonce-un-niveau-inedit-d-impreparation_3650513.html

(6) https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/rads_0513.pdf

Enseignant(e) et/ou passionné(e) de science informatique ? Vous aimez les défis ? Vous vous sentez l’âme d’un(e) vidéaste ? N’attendez plus ! Prenez votre smartphone, webcam, ou caméra : vous avez 256 secondes (~4 min) pour partager la pépite de science qui vous fascine...

Les critères de sélection : Le jury appréciera particulièrement les vidéos qui satisfont un ou plusieurs des critères suivants :

  • originalité du sujet ou du point de vue utilisé pour le traiter,
  • aptitude à susciter une vocation pour la science informatique,
  • sensibilisation aux enjeux sociétaux de la science informatique,
  • capacité à expliquer en langage simple un point de science informatique La remise des prix se déroulera lors du congrès de la SIF qui se déroulera les 4 et 5 février 2020 à Lyon. Les vidéos seront mises en ligne aussi par la SIF, de manière ouverte avec une licence Creative Commons choisie par l’auteur(e).

Pour en savoir plus :

Parrain de l’édition 2020 : Frédéric COURANT - Plus connu sous son surnom de Fred, il a été l’animateur de l’émission de vulgarisation scientifique « C’est pas sorcier » sur France 3 de septembre 1993 à juin 2013, aux côtés de Jamy Gourmaud. Depuis 2015, il a créé le média « éducatif » L’Esprit Sorcier et anime L'Esprit Sorcier, site de la science et de la découverte, qui a parmi ses partenaires la SIF, l’INRIA, ...