Archives de l'auteur : Secrétariat EPI

Tribune :  « Service après-vente bonjour ! » : Le futur de la French Tech ? (extrait)

"Nous, jeunes développeurs et développeuses travaillant dans le numérique, ne pouvons qu’abonder dans le sens de la construction d’une souveraineté numérique française et européenne. Mais la stratégie présentée par le ministère de l’économie nous semble hautement problématique pour plusieurs raisons."   (...)

" Si le gouvernement souhaite galvaniser la jeunesse technique française, et avec elle l'ensemble des acteurs du numérique en France qui ont fait le choix d'y rester par amour de leur profession et de leur pays, il est urgent qu'il se démarque de la position schizophrène adoptée ici. Nous aspirons à construire l'infrastructure et les plateformes numériques françaises et européennes de demain, dans le respect des contraintes imposées par la crise sociale et écologique. Nous demandons un plan de développement et de déploiement du Cloud à base de technologies libres, préférentiellement européennes, accompagné d'objectifs et de points d'étape clairs. Les compétences, les technologies et les offres commerciales sont là, éveillées, prêtes à être mobilisées pour servir l'ambition française. Au gouvernement de la replacer au bon niveau. Ce projet de cloud souverain est une opportunité unique de le démontrer."

https://www.dontkillfrenchtech.fr/

(Tribune initialement publiée dans le journal Le Monde du 27 juin 2021)

Une bonne connaissance des enjeux informatiques est aujourd'hui essentielle pour relever les défis du XXIe siècle et de la transition numérique.
(...)
Le nombre croissant de masters et de thèses d’informatique garantit l’alimentation du concours en candidatures de valeur. Ce nouveau corps se positionnera sur le modèle d’agrégés -3/+3, avec d’importants débouchés en cycle terminal de la voie générale des lycées et en post-bac (CPGE scientifiques et économiques, BTS et BUT). Son haut niveau d’expertise lui permettra d’assurer aussi des missions de formation et de conseil.
(...)
Pour présider cette nouvelle agrégation : Sylvie Boldo, directrice de recherche à l’INRIA et particulièrement investie dans la transmission des concepts et des méthodes de la science informatique en direction des plus jeunes.
(...)
https://www.education.gouv.fr/creation-de-l-agregation-d-informatique-des-2022-323894

Développement de la spécialité Numérique et Sciences Informatiques (NSI) au lycée
et gestion de ses enseignants

22 juin 2021
 

   La situation de la spécialité NSI nécessite que le Ministère de l'Éducation nationale prenne des mesures de nature à faciliter le choix de cette spécialité par des lycéens qui le souhaitent mais qui en sont souvent dissuadés pour différentes raisons. Ainsi, parmi les 12 enseignements de spécialité qui existent, NSI est-il l'un de ceux que les élèves abandonnent le plus de la Première à la Terminale. Leur perception de l'orientation ultérieure dans l'enseignement supérieur n'y est pas étrangère [1]. Décevant pour cette nouvelle discipline au lycée, alors que les besoins en informatique sur le marché du travail sont colossaux et que l'informatique est partout dans la société. Il s'agit pourtant d'un enjeu fort pour l'avenir du pays.

   Concernant cet enjeu, la formation des enseignants est une question essentielle. Les créations d'un Capes et d'une agrégation d'informatique ont été les bienvenues et nous nous en sommes bien sûr félicités. Mais les besoins sont considérables et le nombre des postes très limité.

   Heureusement, il y a des enseignants de différentes disciplines qui assurent actuellement, au prix d'un effort considérable de formation, l'enseignement de la spécialité NSI [2]. Or l'organisation de ce nouvel enseignement suscite des inquiétudes et du découragement qui peuvent conduire à des désengagements au moment où notre pays a besoin de développer l'enseignement de l'informatique pour tous. Et à terme, d'en faire une nouvelle discipline dans l'enseignement général au même titre que la Physique ou les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT).

   Nos collègues sont préoccupés par la fragilité de leur situation. Leur statut n'étant pas défini ils peuvent se voir retirer leur enseignement par l'arrivée dans l'établissement d'un titulaire du Capes NSI, voire d'un stagiaire. Aussi, souhaitent-ils que soient reconnues leurs compétences, ce qui assurerait leur stabilité dans le poste NSI et leur permettrait, en cas de mouvement, de retrouver un enseignement de l'informatique [2].

   Nous ne pouvons pas accepter l'idée de la perte de compétences, lourdement acquises, et dont on a besoin, par manque de solutions institutionnelles. Notre propos n'est évidemment pas d'opposer aux certifiés et futurs agrégés les enseignants qui se sont énormément investis pour assurer le démarrage de la spécialité NSI et son développement. En effet nous avons besoin de toutes et tous.

   Pour répondre à ces situations exceptionnelles il convient de mettre en place des solutions administratives nouvelles. Il ne doit pas y avoir concurrence entre les différents statuts enseignants mais complémentarité. Le DIU-EIL, qui n'est pas un concours de recrutement, doit être effectivement pris en compte. Les titulaires du Capes NSI doivent de préférence être nommés dans les établissements qui souhaitent créer la spécialité et qui ne disposent pas d'enseignants NSI. Un enseignant NSI (ayant souvent un DIU-EIL) demandant sa mutation doit pouvoir se voir proposer un établissement demandeur. L'agrégation interne doit être créée sans attendre le délai de cinq ans.

   Question de principe, nos organisations souhaitent une reconnaissance de l'institution pour le travail considérable fourni par nos collègues, pour la mise à niveau de leurs connaissances et compétences informatiques.

Association des Enseignantes et Enseignants d'Informatique de France (AEIF)
Contact : president@aeif.fr

Enseignement Public et Informatique (EPI)
Contact : bureau@epi.asso.fr

Ce communiqué est sous licence Creative Commons (selon la juridiction française = Paternité - Pas de Modification). http://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/fr/

NOTES

[1] https://www.epi.asso.fr/revue/articles/a2106a.htm

[2] https://www.societe-informatique-de-france.fr/wp-content/uploads/2021/04/1024_17_2021_43.html

Est en ligne :
https://www.epi.asso.fr/epinet/epinet236.htm

Son éditorial : " Des professeurs pour enseigner l'informatique. L'indépendance
par rapport aux GAFAM. La spécialité NSI. L'agrégation d'informatique." :
https://www.epi.asso.fr/revue/articles/a2106a.htm

Création de l'agrégation d'informatique (JO du 13 juin 2021):
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043648279

Et toutes les rubriques habituelles ...

Les origines de l'informatique. Gilles Dowek
Démystifier les concepts informatiques par l'expérimentation.
Dimitri Racordon, Didier Buchs
L'interopérabilité des systèmes d'information. Michel Volle
Covid-19 : comment Emmanuel Macron a tout raté. Sylvestre Huet
Éléments pour un historique de l'informatique dans l'enseignement général
français. Sur sept décennies. Jacques Baudé.--

Publié le

Enseignement de l’informatique : quelle histoire !

Ça y est, nos jeunes apprennent enfin l’informatique à l’école, mais … comment en sommes-nous enfin arrivés là ? De nombreux acteurs ont œuvré avec acharnement depuis des décennies, au premier rang desquels se trouve l’association EPI qui fête ses 50 ans cette année. Jacques Baudé, son ancien président, nous raconte l’histoire du déploiement de l’informatique pédagogique dans l’enseignement général en France, des années 1950 à 2021. Au menu : les premiers équipements, séminaires, expériences dans des lycées, langage de programmation en français, introduction dans l’enseignement avec ses aléas, avant la mise en place de l’enseignement de l’informatique actuelle, fort aussi de travaux en didactique sur ces sujets.

+++ Historique : Au coeur de la première connexion française à l'ARPAnet. Walid Dabbous.

Situation préoccupante de l’enseignement en Informatique dans l’Enseignement Supérieur Français

Motion votée par le CA de Specif Campus le 22 avril 2021.

« Le numérique guide désormais le monde : notre existence est de plus en plus liée à l’utilisation de logiciels, qui sont là pour faciliter notre quotidien, voire sauver des vies. Cependant, certains usages—plus malveillants—peuvent aussi viser à nous surveiller, nous catégoriser, prédire nos comportements, nous influencer…

La France a plus que jamais besoin d’informaticiens qualifiés pour maîtriser son avenir numérique ! » (…)

De plus, l’année 2021 est —à de nombreux égards— symbolique pour la discipline Informatique. Il s’agit tout d’abord de la première année d’inscription de lycéens ayant suivi une formation en Informatique au lycée. La création de l’option Informatique au lycée (Numérique et Sciences Informatiques) est le résultat d’un long processus, dans lequel la Société Informatique de France (SIF) a eu un rôle moteur ; son existence parmi les douze options possibles dans le nouveau bac est une marque indéniable de légitimité de la discipline Informatique dans notre société et de son intérêt pour l’éducation des prochaines générations. Cette année marque aussi  la création de l’agrégation d’Informatique qui, faisant suite à la création du CAPES d’Informatique il y a 2 ans, acte indéniablement la reconnaissance de l’Informatique comme une discipline fondamentale.

Dans ce contexte de priorité nationale, il est absolument incompréhensible que des politiques de non-reconduction de postes contribuent à fragiliser l’offre de formation en Informatique au sein de nos universités publiques, limitant délibérément l’accès à ces compétences d’avenir pour le plus grand nombre. » (...)

NDLR-EPI : nous nous permettons de rajouter « le rôle moteur » de l’EPI !