Informations

Le premier appel à projets de la fondation Blaise Pascal est lancé. Les dossiers sont à envoyer sous format pdf au président du conseil scientifique de la fondation, stephane.gaussent@fondation-blaise-pascal.org avant le 2 juillet 2017 à 18h (heure de Paris). Des informations complémentaires sont disponibles sur le site bêta:  http://fondationblaisepascal.strikingly.com/

Séminaire mensuel organisé par le Musée des arts et métiers du Cnam dans le cadre du projet "Vers un musée de l'informatique et de la société numérique" :

Le 15 juin 2017 de 14h30 à 17h - amphi C -  292 rue Saint-Martin, Paris 3ème

"Comment l’enseignement de l’informatique dans l’enseignement général a-t-il été abordé en France ? Quelle est sa situation actuelle et quelles sont ses perspectives ? Entre expériences, engagements et retraits."

Par Jacques Baudé , membre du conseil d'administration et président d'honneur de l'association Enseignement public et informatique (EPI).

Depuis sa participation à la première expérience de l’enseignement de l’informatique au lycée en 1971, Jacques Baudé s’est investi dans la création de cet enseignement,  en complémentarité avec l'utilisation de l'informatique dans les différentes disciplines et activités. Professeur de biologie-géologie, il a suivi une formation approfondie à l’informatique en 1973-1974 à l’ENS et milite au sein de l’Epi depuis cette même année. Il a conçu des logiciels pédagogiques au sein du groupe « informatique et sciences naturelles » de l’INRP et, représentant l'Epi, il fut membre du Conseil scientifique national pour le pilotage et le suivi de l’option informatique des lycées. Il est actuellement toujours actif au sein de l’Epi et collabore au site et au magazine électronique EpiNet. (https://www.epi.asso.fr/biblio/jb_biographie_2014-06.htm)

4 Commentaires

Les données personnelles et scolaires des élèves mises à disposition des GAFAM.

Dans une lettre, envoyée le 12 mai aux délégués académiques au numérique (DAN) et aux directeurs des services informatiques, Mathieu Jeandron, Directeur de la DNE (Direction du numérique pour l'éducation, Ministère de l'Éducation nationale), indique qu' « il n'y a pas de réserve générale sur l'usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du web». En clair, il autorise, incite même à l’utilisation par les établissements scolaires des outils et services des grandes multinationales du numérique, les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) au mépris de la protection de l’identité numérique des élèves et des personnels.

L'enjeu essentiel, ce sont les données personnelles et scolaires des élèves et leurs traitements possibles. Ces données sont particulièrement sensibles. Elles disent énormément sur les enfants et peuvent les suivre longtemps. Les risques évoqués par la CNIL sont ignorés. L'expérience a amplement montré que les GAFAM, qui par ailleurs  payent peu d'impôts en France, ne vont pas bouleverser le fonctionnement de leur cloud simplement parce que les CGU (Conditions générales d'utilisation) ont été modifiées en France pour le secteur éducatif. De plus, la charte annoncée par le MEN pour janvier 2017 n'est toujours pas finalisée. Et l'on se souvient des révélations sur les agissements de la NSA (Agence nationale de la sécurité des États-Unis) dont les liens avec les GAFAM sont à la fois étroits et bien connus.

L'émotion suscitée par ce courrier est grande. L'EPI la partage. Ce passage en force, en contradiction avec le cadre réglementaire actuel et qui repose sur une initiative non soumise à la concertation, est inacceptable. Il suscite déjà de nombreuses réactions auxquelles l'EPI s'associe. On ne doit pas donner les clés de la maison Éducation nationale aux GAFAM. Surtout qu'une volonté politique, qui fait défaut, permettrait de faire autrement en s'appuyant notamment sur les logiciels libres. Il est possible de « dégoogliser Internet » comme le fait à son échelle l'association Framasoft (1). L'EPI juge inacceptable que les grandes multinationales du numérique puissent puiser à leur guise dans les données personnelles et scolaires des élèves et des enseignants. L'EPI demande aussi la non-reconduction de la convention signée fin novembre 2015 entre Microsoft France et l’Éducation nationale (2).

Paris, le 25 mai 2017

(1) https://degooglisons-internet.org/

(2) http://www.education.gouv.fr/cid96030/numerique-a-l-ecole-partenariat-entre-le-ministere-de-l-education-nationale-et-microsoft.html&xtmc=partenariatmicrosofteacuteducationnationale&xtnp=1&xtcr=1

a eu lieu le Jeudi 30 mars 2017 au  Loria, Nancy
Voir le programme :
http://idees.loria.fr/index.php?n=Main.ProgrammeJourneeISN-EPI2017

On notera le point sur les effectifs ISN (TS), ICN (Seconde, Premières S-ES-L), et CAPES de Mathématiques option Informatique, par Laurent Chéno, Inspecteur Général :  http://www.societe-informatique-de-france.fr/wp-content/uploads/2017/04/2017-03-30-cheno-nancy.pdf

 


Communiqué de l’association

Enseignement Public et Informatique (EPI )

La rentrée 2017, préparée par la ministre de L’Éducation nationale, propose, dans l’enseignement général, l'extension de l'enseignement facultatif « informatique et création numérique » (ICN) aux terminales ES et L.

Cette nouvelle avancée s'ajoute à la création de l'enseignement facultatif « ICN » en classes de seconde à la rentrée 2015 et de première ES, L et S à la rentrée 2016 et à l"enseignement de spécialité, également facultatif, « informatique et sciences du numérique » (ISN)  en terminale scientifique (rentrée 2012). Ainsi qu’à celle d’un enseignement de l’informatique pour tous les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques à la rentrée 2013.

La rentrée 2016 avait vu également des apports significatifs de notions informatiques aux programmes d’enseignement de l’école primaire et du collège.

Tout cela traduit un début de prise de conscience, par nos responsables, de la nécessité d’introduire l’enseignement de la science et technologie informatique à tous les niveaux et dans toutes les séries. Les actions menées ces dernières années, en premier lieu par l'association Enseignement public et informatique et la Société informatique de France, ont porté partiellement leurs fruits.

Dans la circulaire de rentrée 2017, on peut lire à propos du lycée : « Ainsi, les élèves de la voie générale qui le souhaitent peuvent désormais suivre un parcours numérique continu de la classe de seconde à la classe terminale. »

Mais avec quels enseignants ?

Depuis des décennies, l’EPI alerte les pouvoirs publics sur l’impérieuse nécessité de former les enseignants. Tous les enseignants à l’utilisation des outils numériques dans leurs disciplines respectives et, certains d’entre eux, à l’enseignement de la science et technologie informatique.

Ces derniers doivent être formés, comme leurs collègues des autres disciplines, au cours d’un cursus universitaire conduisant aux concours du Capes et de l’agrégation (externes, internes).

La création d'un Capes et d'une agrégation d'informatique n'exclurait pas la mise en place de mesures transitoires comme des habilitations (du type de celles mises en œuvre pour les professeurs d'ISN) permettant une montée en charge progressive. La formation continue et les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ÉSPÉ) doivent jouer le rôle qui est le leur.

Elle traduirait la volonté d'aller résolument vers un enseignement d'informatique de culture générale pour tous les élèves. Un cap serait franchi à la hauteur des enjeux pour notre pays.

L’EPI souhaite que le prochain gouvernement prenne d’urgence les décisions qui s’imposent pour former l'homme et la femme, le travailleur et le citoyen du 21ème siècle dans une société où l'informatique et le numérique sont omniprésents. Comme le déclarait l'Académie des sciences dans son rapport de mai 2013, à propos de l'enseignement de l'informatique : « Il est urgent de ne plus attendre ».

Paris, le 6 avril 2017